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| | Auteur | Message |
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Loanna Admin

Messages: 139 Date d'inscription: 28/05/2011 Localisation: Belgique
 | Sujet: LE JARDIN MEDIEVAL Jeu 23 Juin - 19:23 | |
| Du VIIe au XIIIe siècle l'Europe féodale développe une forme distincte de jardins, notamment sous l'influence de l'expansion monastique, alors que la tradition des jardins antiques évolue différemment dans le vaste empire musulman, avec l'apogée des jardins andalous (VIIIéme - XIéme siècle) d'une remarquable richesse végétale et architecturale.
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|  | | Loanna Admin

Messages: 139 Date d'inscription: 28/05/2011 Localisation: Belgique
 | Sujet: Re: LE JARDIN MEDIEVAL Jeu 23 Juin - 19:26 | |
| LE CAPITULAIRE DE VILLIS Capitule 70 du Capitulaire de Villis - Bibliothèque de Wolfenbuttel - Allemagne Le Capitulaire de Villis (Capitulare de villis vel curtis imperii) est une ordonnance émanant de Charlemagne (les Carolingiens en promulguèrent beaucoup), et qui réclame de la part de ses domaines (villae) un certain nombre d'observances et de règles. Le point qui nous intéresse ici est l'énumération des plantes que lesdits domaines se doivent de cultiver, contenue dans les capitules (chapitres d'un capitulaire) 43, 62 et 70, ce dernier comportant la liste principale des plantes concernées ,au total 94 plantes : 73 herbes, 16 arbres fruitiers, 3 plantes textiles et 2 plantes tinctoriales. Ce texte ne représente pas en soi une révolution agricole, car toutes les plantes qu'il cite étaient connues de longue date. Les 89 plantes du capitule 70 sont toutes citées dans l'Histoire Naturelle de Pline ( Naturalis Historiae Libri, livres XIV à XXV) et la De Materia Medica de Dioscoride, tous deux du Ier siècle. Par ailleurs, toutes les simples du Capitulaire sont citées par Galien au IIe siècle. Au IVe siècle, 48 herbes du Capitulaire et tous les arbres sont répertoriés par Palladius, etc...
D'autre part, non seulement ce texte n'est pas une nouveauté, mais il ne semble pas non plus avoir une aussi grande autorité que laisse entendre le "volumus" de majesté qui précède à tout bout de champ les énumérations. Si les inventaires de certaines abbayes sont un bon reflet du Capitulaire (comme Saint-Gall, 32 plantes sur 33), ce n'est pas le cas pour d'autres (comme Corbie, 19 sur 60). Il semblerait donc que, plus qu'une injonction autoritaire, la volonté de Charlemagne était celle d'obtenir en ses domaines un équilibre idéal : pour les jardins, entre plantes alimentaires, médicinales, textiles et décoratives. Sans compter que bien des facteurs seraient venus à l'encontre d'une telle uniformisation : Les missi dominici, envoyés par deux, un laïc et un ecclésiastique, sont chargés de faire appliquer les directives royales, mais ils appartiennent le plus souvent à l'aristocratie : ils ménagent donc les amis qu'ils contrôlent. De plus, la différence des sols, des ressources, des usages thérapeutiques et alimentaires des régions, entre autres, ne permettent pas d'appliquer les mêmes directives en tous lieux.
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|  | | Loanna Admin

Messages: 139 Date d'inscription: 28/05/2011 Localisation: Belgique
 | Sujet: Re: LE JARDIN MEDIEVAL Jeu 23 Juin - 19:28 | |
| Mais alors, direz-vous, quelle importance a t-elle, cette ordonnance? Essentiellement parce qu'elle demeure une source importante sur les espèces de plantes utilisées au début du moyen-âge, sur laquelle s'appuie nombre d'études botaniques et savantes en général.
Maintenant, il nous faut tenter d'attribuer une paternité à ce fameux capitulaire. Encore attribué à Charlemagne par de nombreux ouvrages, il serait plutôt de la main d'un de ses grands scribes, selon certains spécialistes de la question. On penche aujourd'hui pour Alcuin, avec de sérieuses raisons : Alcuin rencontre Charlemagne à Parme en 781 et reste auprès de l'empereur de 782 à 790, avant de s'en séparer pour le temps d'un voyage en son pays natal, l'Angleterre, de 790 à 793. Il revient en France et en 796, il obtient du roi l'abbaye de Saint-Martin de Tours, où bon nombre de manuscrits ont été recopiés. C'est à cette époque que le Capitulaire aurait pu être écrit. D'autre part, ce savant, qui conjuguait l'enseignement de l'agriculture, de la botanique, de la pharmaceutique, était aussi précepteur et conseiller de l'Empereur, qui le nomma grand Maître des Ecoles Palatines. Alcuin était ainsi le savant carolingien qui convenait parfaitement à cette tâche.
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|  | | Loanna Admin

Messages: 139 Date d'inscription: 28/05/2011 Localisation: Belgique
 | Sujet: Re: LE JARDIN MEDIEVAL Jeu 23 Juin - 19:31 | |
| Le plan de Saint-GallIl faut remonter au début du IXe siècle avant de trouver un quelconque document donnant un aperçu de la physionomie d'un jardin monastique. Cet aperçu c'est le plan de Saint-Gall qui nous le fournit. Rédigée vers 806, cette source est capitale pour la connaissance des abbayes médiévales. Bien sûr, il s'agit d'un plan idéal, mais comme il deviendra un modèle pour nombre d'abbayes, ses jardins sont le parfait exemple de ce que seront les jardins monastiques médiévaux, étant bien entendu qu'il ne s'agit pas là d'un plan imposé aux moines, mais d'un modèle à partir duquel ces derniers s'inspireront, en vertu de l'espace dévolu à leurs jardins, de la topographie des lieux, des moyens financiers de l'abbaye, etc... Pour la première fois dans l'histoire monastique, on nous nomme les différents espaces verts des moines et les situe dans l'espace, on définit leurs attributions et détaille par endroits leur contenu. Ces différents jardins du plan de Saint-Gall, exceptés les jardins des cloîtres, sont les suivants : maquette reconstituant le plan de Saint Gall manuscrit du plan de Saint Gall
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|  | | Loanna Admin

Messages: 139 Date d'inscription: 28/05/2011 Localisation: Belgique
 | Sujet: Re: LE JARDIN MEDIEVAL Jeu 23 Juin - 19:39 | |
| Le jardin médiéval est séparé en trois parties : le verger(viridarium), le potager et le jardins des simples (herbularius).
L' HERBULARIUS OU LE JARDIN DES SIMPLES
INTRODUCTION
La charité fait partie des devoirs essentiels des chrétiens, comme le rappelle l'évangile de Mathieu : " Guérissez les malades, ressuscitez les morts, purifiez les lépreux. " Benoît de Nursie s'en préoccupait beaucoup, qui considérait cette activité comme une priorité de l'activité monastique : voir Hôpital monastique et infirmerie monastique, l'Hortus Conclusus (jardin clos). . En conséquence, les moines ont étudié les plantes et les remèdes en général, transcrivant et commentant les oeuvres d'Aristote, d'Hippocrate, de Dioscoride, de Galien, de Pline, etc... (le lecteur trouvera dans d'autres articles le détail de toutes ces contributions), expérimentant eux-mêmes dans leurs jardins à partir de ces connaissances livresques et de la coutume. Patrick en Irlande, Benoît et Cassiodore en Italie sont parmi les premiers à inciter les moines à connaître les remèdes utiles à guérir les malades. Cassiodore faisant ses recommandations aux moines, leur dit : " Apprenez les propriétés des remèdes simples et des remèdes composés… " extrait de "Institutiones divinarum et humanorum" de Cassiodore (550 - 562).
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|  | | Loanna Admin

Messages: 139 Date d'inscription: 28/05/2011 Localisation: Belgique
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Messages: 139 Date d'inscription: 28/05/2011 Localisation: Belgique
 | Sujet: Re: LE JARDIN MEDIEVAL Jeu 23 Juin - 19:45 | |
| Les simples : vertueuses et magiques
Le moine apothicaire, qui est souvent le moine infirmier, mais aussi tous ceux qui étudieront les plantes resteront jusqu'au XVIIe siècle (et même plus tard) attachés aux propriétés humorales de Galien et d'Hippocrate et influencés par toutes sortes de traditions, issus de l'expérience, mais souvent superstitieuses et magiques. Par ailleurs, ils feront dire aux plantes, créés par Dieu pour l'Homme, que leur forme, leur couleur, leur habitat, ont des analogies avec les maladies ou les organes du corps. Bien compris, ce langage analogique devait leur permettre d'en tirer les bienfaits (quand d'autres en chercheront les maléfices, bien sûr!). Cette idée est appelée un peu improprement "théorie des signatures", alors que ce terme ne fut en quelque sorte consacré qu'au XVIe siècle par Paracelse (Theophrast Bombast von Hohenheim dit, 1493-1541), qui est pour les alchimistes de l'époque une expression exprimant plutôt des correspondances entre les plantes et le monde astrologique et minéral.
Depuis la nuit des temps, en effet, de nombreuses sociétés humaines ont cru en des correspondances magiques entre les plantes et d'autres éléments naturels, et les cultures occidentales n'ont pas échappé à ces croyances. Ainsi, les moines, à l'instar de leurs contemporains, seront attentifs à ces similitudes (simila similibus curantur : soigner par l'identique), qui représentait là un contrepied à la théorie de Galien, qui entendait soigner par le contraire. Par exemple, les feuilles de la bourrache ont une forme qui rappelle celle des poumons : on les utilisera donc contre les maladies de poitrine. L'aspect des graines de cumin évoque la forme des reins : on leur prêtera une action diurétique et stomachique. Le saule pousse les pieds dans l'eau : on le recommandera alors pour les rhumatismes. La forme de la fleur de pavot est toute indiquée pour soigner les maux de tête. Le renflement de certaines racines du ficaire ont un peu la forme de la figue, ce qui conduit à les prescrire pour les hémorroïdes, etc...
Le Saule et la Reine des Prés, poussent dans des lieux humides : ils seront donc bons pour les rhumatismes. Heureusement, ces deux plantes contiennent des salicylates, dont un dérivé est l'aspirine du nom latin de la Reine des Prés, Spiraea ulmaria. La Chélidoine, elle, sécrète un latex jaune d'or : elle soignera ...le foie, bien sûr. Nous clôturerons cette très courte énumération en évoquant encore Hildegarde de Bingen, cette fois avec humour, qui pensait que les plantes légères comme les cheveux devaient aussi être légères à digérer !
Si un grand nombre de simples ont vu leurs vertus supposées se confirmer et se préciser par la science moderne, d'autres se sont révélées rattachées à de simples superstitions et il en est d'autres encore à propos desquelles on s'interroge toujours.
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|  | | Loanna Admin

Messages: 139 Date d'inscription: 28/05/2011 Localisation: Belgique
 | Sujet: Re: LE JARDIN MEDIEVAL Jeu 23 Juin - 19:46 | |
| CULTURE
On ne cultivait pas dans les herbularius uniquement des simples, mais on les associait souvent aux plantes aromatiques et aux condimentaires qui, pour une bonne part, ont aussi une faculté curative. Il n'existe pas beaucoup de textes à ce sujet pour se faire une idée très précise de la question.
On utilisa d'abord en majorité des espèces locales ( Strabon, Hildegarde de Bingen) spontanées ou sub-spontanées, puis l'orient et le nouveau monde nous firent connaître à la fois leurs plantes exotiques et de nouvelles espèces s'acclimatèrent dans les jardins occidentaux.
Précisons que la culture des plantes médicinales ne suffisait pas à couvrir les besoins de la communauté, qui soignait ses propres moines, mais aussi une foule de nécessiteux. De plus, les plantes cultivées ont une moindre valeur thérapeutique que la cueillette des plantes in-situ (là où elles poussent naturellement) et qui se pratiquait régulièrement.
Un petit commerce entourait l'activité tournant autour des plantes médicinales : L'abbaye payait souvent des cueilleurs, achetait des plantes exotiques, sans compter qu'il existait un réseau d'échanges entre les abbayes, selon les spécialisations de chacune. C'est ainsi, par exemple, que les Chartreux de Fribourg-en-Brisgau cultivaient Radix Angelicae, les Bénédictins de Wurtzbourg Radix Liquivitiae.
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|  | | Loanna Admin

Messages: 139 Date d'inscription: 28/05/2011 Localisation: Belgique
 | Sujet: Re: LE JARDIN MEDIEVAL Jeu 23 Juin - 19:49 | |
| LE POTAGERLe potager médiéval, c'est l'hortus (littéralement "enclos", nom donné aux jardins en général dans la période médiévale). Comme pour le jardin des simples, le plan de Saint-Gall nous indique les plantes types qu'un monastère doit cultiver au potager, réparties ici en deux rangées de neuf parcelles, soit 18 plates-bandes distinctes, appelés planches depuis la fin du XIIIe siècle. Il ne faut pas s'étonner d'y trouver parfois des fleurs : Certes, elles permettent d'embellir différents espaces de l'abbaye et tout particulièrement l'abbatiale, mais il ne faut pas oublier que les fleurs seront consommés longtemps avant d'être un négligées par la gastronomie occidentale (puis retrouvées depuis peu), que l'on songe seulement à la violette, à la rose, à la mauve, à la fleur d'oranger ou de courge, etc... Ici, c'est du pavot dont il est question (présent dans le jardin de Strabon, voir plus bas). On en mangeait les graines oléagineuses depuis des millénaires, sur le pain en particulier, faisait une huile siccative pour la peinture des manuscrits : Agencement des plates-bandes selon le plan de Saint-Gall, avec noms latins du document original et noms communs français correspondants.
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|  | | Loanna Admin

Messages: 139 Date d'inscription: 28/05/2011 Localisation: Belgique
 | Sujet: Re: LE JARDIN MEDIEVAL Jeu 23 Juin - 19:51 | |
|   ETYMOLOGIESL'appellation olera (holera), olus, dont nous avons déjà parlé, sera utilisée jusqu'au IXe-Xe siècles pour désigner les plantes dites potagères, non pas toutes celles du potager lui-même, mais celles qui cuisent au pot (on trouve aussi potherbes) et qui forment potages et sauces. Dès le XIe siècle, de nombreux vocables remplaceront le latin, comme ierbes, courtillage, ortillage, herbages, herbes, herbes potagères, verdures, racines, qui désigneront au fur et à mesure salades, plantes aromatiques et potagères. Notons que les légumes plutôt aigres ou âcres furent appelés aigrum (esgrum ) : oignon, ail, cresson, raifort, échalote, poireau, navet, choux, etc... Le mot légume lui-même vient du latin legumen (de legere : cueillir), qui désignait nos actuelles légumineuses, ces plantes à gousse dont les graines sont comestibles, telles les lentilles, les pois chiches, les pois, les fèves, qui étaient les aliments de base de notre préhistoire. Ce legumen est devenu lesgum, legum ou léüm, et enfin légume vers 1530.A l'instar des autres jardins monastiques, le potager a évolué dans l'histoire, composé de végétaux autochtones ou recueillis depuis la nuit des temps et recomposé au gré du temps selon les influences, les climats et les modes, qui provoquent l'introduction de nouvelles plantes au jardin ou parfois, la perte d'intérêt ou l'abandon de certaines autres.
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|  | | Loanna Admin

Messages: 139 Date d'inscription: 28/05/2011 Localisation: Belgique
 | Sujet: Re: LE JARDIN MEDIEVAL Jeu 23 Juin - 19:54 | |
| LE VERGERLe verger médiéval, c'est le viridarium (ou viridiarium), parfois le pomarium, le "vergier" en vieux français. Il peut être un jardin d'agrément à la romaine, comme le viridantia, ou viridaria d'Albert le Grand, où court la vigne. Pour les moines, il est surtout utilitaire et une source de méditation, avec de reposantes haltes sur des bancs de gazon, de bois ou de pierre. Les arbres du verger modèle du plan de Saint-Gall sont précisées sur le manuscrit original par leurs fruits, à savoir : pommes, poire, mûre, pêche, prune, pin, sorbier, nèfle, cerise, laurier, chataîgne, figue, coing, noisette, amande et noix. Voyons maintenant leur situation sur le plan en question : Plan de Saint-Gall : viridarium, avec annotation des nom français correspondants.Certaines catégories de plantes n'avaient pas de jardins dédiés et faisaient partie des espaces verts déjà cités : il en va ainsi des fleurs ou des plantes textiles et tinctoriales. Les fleurs étaient cultivées depuis toujours dans les monastères tout à la fois pour leur beauté, leurs symboles et la décoration liturgique. Elles pouvaient être vues dans tous les jardins à la fois dans la période médiévale. Comme nous le montre le plan de Saint-Gall, le verger abritait souvent un cimetière pour les moines : Verger-cimetière du prieuré de Tusson, fondé au XIIe siècle par Robert d'arbrissel, le père des Fontevristes. De nombreux arbres fruitiers y fructifient : pommiers, poirier, néflier, figuier, mûrier, laurier, cognassier, pécher, noisetier…SOURCE : www.encyclopedie-universelle.com |
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